Journées du Patrimoine 2012
15/16 septembre

Fabrice REBEYROLLE: "Encore"

Film (03:33)
Réalisation: Bernard Poggi-Vérignon
Produit par le Grenier Artistique et Musical d'Essômes (G.A.M.E)

A l'occasion des journées du patrimoine 2012, l'association Saint-Ferréol, pour la sauvegarde de l’Abbatiale d’Essômes-sur-Marne a présenté des œuvres de
Fabrice Rebeyrolle
“Encore”
une série de 9 tableaux dans l’Abbatiale
“Défiguration”
un ensemble de 13 œuvres au temple de Monneaux

Le poète Jean Gabriel Cosculluela a proposé, pendant une trentaine de minutes, la lecture de textes qu’il a écrit en contrepoint des figures exposées et un poème de Ada Salas qu’il a traduit de l’espagnol.

Abbatiale d’Essômes-sur-Marne
“Encore”
« En écho à la spiritualité du lieu dans lequel il a été invité à exposer [...], Fabrice Rebeyrolle a choisi de présenter pour la première fois [...] sept œuvres d’une grande force - de l’année 2000 -, accompagnées de sept textes de l’écrivain Jean Gabriel Cosculluela écrits 10 ans plus tard en contrepoint de ces figures. Des fonds complexes, sobrement traités, émergent des personnages anonymes. Vision saisissante de corps statufiés, décharnés, hiératiques, surpris dans leur dernière résistance face à la mort.
Ces corps usés, en morceaux, semblent encore résister aux outrages du temps et à la barbarie humaine derrière de symboliques barbelés ou contre des palissades. Ils n’ont plus que la peau sur les os, mais dans un ultime cri, une implacable plainte, se recroquevillent vers un éternel oubli.
Du dernier souffle au silence. [...] Ce sont des figures intemporelles, des “images de fascination” sans doute insupportables car ces corps font écho à nous- mêmes, à l’être de notre propre image »
Dominique Roussel
Conservateur du Musée de Soissons
Extrait de la préface du catalogue de l’exposition

Temple de Monneaux
“Défiguration”

Pour les Latins, être beau c’est avoir une forme (formosus) un peu comme nous disons “être en forme”. Formosus c’est l’épithète de la figure humaine. Le déformé (difformis), c’est ce qui n’a plus de forme humaine, ce qui est le plus opposé à la figure humaine.
La “défiguration” du Christ “nous redonne une figure”. Pour moi cette image ne doit pas être réduite au religieux, ce qui explique le choix d’une représentation du Christ sans croix. [...]
Cette figure de “l’homme de toutes les douleurs”, du condamné flagellé, du torturé avili, du supplicié mourant dans des tourments indicibles, ce visage du Christ reste l’icône des douleurs et vient lui-même s’imprimer sur tout visage humain dont il est le modèle absolu. Le vingti�me siècle est marqué à vif par le drame et l’horreur de la mort injuste et injustifiable de tant d’innocents au fil des guerres et des massacres.
Ce siècle a donné à la langue moderne le mot génocide, ce meurtre sans raison sur le seul motif de la naissance. Comment peut-on parvenir à figurer l’indicible, l’inadmissible ? Maurice Blanchot écrit: “ Donne voix à l’homme, à ce qui ne parle pas, à l’innommable ”.
C’est cette dimension tragique que j’illustre dans cette suite de treize tableaux .
Fabrice Rebeyrolle
Extraits de notes d’atelier.

Fabrice Rebeyrolle
Né en 1955 à Paris, vit et travaille dans le Gard. Depuis plus de 30 ans, il multiplie les expositions dans les galeries tant en France qu’à l’étranger, participe aux principaux salons et foires d’art contemporain ( Fiac- Paris, Bâle , Séoul, Cologne, Amsterdam, Londres...) Plusieurs musées ont présenté son travail (Soissons, Grenoble, Strasbourg, Béziers, Paris, New-York.)
Peintre avant tout, il développe une œuvre puissante et singulière qui n’a de cesse d’interroger la pratique même de la peinture. Editeur et graveur, sa passion pour le langage, se situe sans doute à l’origine des livres d’artiste qui jalonnent des années d’expérience créatrice.
Sa peinture se fait Art du surgissement. Ses tableaux parfois retenus, souvent flamboyants, se déclinent selon des séries arborescentes, et reflètent la rencontre entre métier et réflexion, existence et spiritualité, poétique des mots et hymne à la peinture. Ainsi, la peinture de Fabrice Rebeyrolle ne se réduit pas à l’affaire banale d’une illustration. Elle rend visible une parabole du désir, de vie de mort et de création. Belle de matière-couleurs et grave comme la pensée du monde.

Jean Gabriel Cosculluela
Né en 1951 à Rieux-Minervois (Aude). Origines aragonaises (Pyrénées espagnoles). Vit en Haute-Ardèche, après avoir vécu plus de quinze ans à Montpellier et dans les Cévennes. Conservateur des bibliothèques. Écrivain, traducteur de l’espagnol, éditeur (directeur de la collection Lettre Suit, maintenant aux éditions Jacques Brémond, après une co-édition Atelier des Grames-Brémond). Co-dirige la collection « Espaces de peu » aux éditions Atelier des Grames. Prépare l’édition d’inédits de Joël Bousquet aux éditions Atelier du Gué, Le Temps qu’il fait et aux éd. Voix d’Encre. Travaille actuellement un essai sur les livres singuliers, dits aussi « livres d’artiste» créés par les écrivains, les artistes et les éditeurs.
Commissaire d’expositions.
Livres courants ou livres d’artistes avec : Jean-Gilles Badaire, Michèle Clancy, Jacques Clerc, Anne Deguelle, Claire Dumonteil, Jean-Louis Fauthoux, Joël Frémiot, Luce Guilbaud, Christian Jaccard, Martine Lafon, Joël Leick, Catherine Liégeois, Djamel Meskache, Jean-Luc Meyssonnier, Serge Plagnol, Albert Ràfols-Casamada, Fabrice Rebeyrolle, Jacqueline Salmon, Anne Slacik, Émile-Bernard Souchière, Thémis S/V, Gérard Truilhé, Anik Vinay, Youl.

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